vendredi, août 19, 2005

Nouvelle action contre les expulsions

Des réfugiés campent dans la basilique Saint-Christophe. Ils réclament la suspension des expulsions en attendant l'aboutissement des recours devant le Conseil d'Etat.

Ils sont une quarantaine réunis depuis mardi dans la basilique Saint-Christophe de Charleroi. Venus du Centre pour réfugiés de Jumet, ils entendent manifester leur refus des mesures d'expulsion envisagées pour certains d'entre eux. Avec, clairement affichée, une menace de grève de la faim.

Le premier incident date de la semaine dernière, quand la police s'est présentée au Centre de Jumet, pour emmener un demandeur d'asile originaire du Togo. Sa demande de régularisation lui avait été refusée, et il avait déposé un recours devant le Conseil d'Etat. Ce recours ne suspend pas la mesure d'expulsion du territoire, mais en pareil cas, la patience est normalement de rigueur. En l'occurrence, elle n'a pas été respectée. Du coup, d'autres hébergés du Centre jumétois ont manifesté leurs craintes et leur colère, s'opposant au départ de ce réfugié togolais.

Durant le week-end, des menaces analogues se sont précisées pour d'autres réfugiés, en attente eux aussi d'une décision du Conseil d'Etat. Mardi après-midi, plusieurs dizaines d'entre eux ont donc fui Jumet, pour aller trouver refuge dans la basilique Saint-Christophe, dans le quartier de la Ville-Haute, à Charleroi.

Parmi eux, des femmes et des enfants, dont le plus jeune a quatre mois à peine. Plusieurs nationalités sont représentées : des Togolais, des Russes, des Ivoiriens, de Guinéens, d'autres venus de Sierra Leone... Tous ont passé la nuit sur place. Dans la soirée de mardi, la FGTB et le Moc leur ont apporté leur soutien et des représentants du clergé local sont venus les aider à s'installer.

Mercredi après-midi, ils étaient une quarantaine à écouter, recueillis et craintifs, les instructions qui leur étaient données. Autour d'eux, des couvertures posées à même le sol et des draps de lit froissés, au pied des confessionnaux. On annonçait également l'arrivée de délégués de la Croix-Rouge et d'autres de la Ligue des droits de l'Homme. L'occupation s'est organisée.

Dans l'entrée de l'édifice, une affiche annonce la couleur: «Grève de la faim - Durée indéterminée», tandis qu'une autre proclame «Donner des papiers à tout le monde».

Leur principale réclamation : la suspension des mesures d'expulsion en attendant l'aboutissement des recours introduits. La grève de la faim se poursuivra, jusqu'à ce que cette garantie leur soit donnée. D'ici là, seule la nourriture destinée aux enfants sera acceptée.

Philippe Mac Kay
© La Libre Belgique 2005